Fondation Cartier, 

Paris
 

 jean noël

une architecture du fluide
   

 jean lambert noël , sculpteur tous droits réservés
     

 

 Clair rose
1984, laque sur bois, tige d'acier, ondulé polyester. 250X225CM
Collection Fondation Cartier, Paris
   

 

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Les oeuvres de Jean Noël se proposent avec une grande discrétion :
formes simples, matériaux grêles ou fragiles, couleurs d'aspect usé un peu.
Cette légèreté d'apparence s'accompagne d'un halo poétique également incontestable.

L'assemblage (parler de "sculpture" serait-il déjà trop dire?) est sur le mur
l'égal d'un graphisme coloré ; mais l'épaisseur du bois, le décollement
et la courbe du fil d'acier, la largeur de la feuille de plastique ne sont pas négligeables pour aurtant :
ils investissent modestement l'espace et produisent un relief d'abord signalé par l'ombre de la pièce sur son support.
Cette ombre est à prendre comme le complément essentiel de la forme : elle la double d'une résonance assourdie
- comme pour confirmer qu'aux grandes rhétoriques artistiques peut succéder une pratique relevant du chuchotement,
et qu'une esthétique du très peu reste capable de rivaliser avec les propositions plastiques les plus insistantes.

Jean Noël s'intègre aussi dans une pratique récemment apparue, en quête de nouvelles relations
entre l'oeuvre artistique et la nature : il ne s'agit ni de reproduire ni d'évoquer directement. L'allusion n'a rien de nostalgique :
elle élabore son objet par des voies autonomes,où la manipulation des matériaux va de pair avec une extrême précision.
La moindre erreur de montage aurait des conséquences graves, puisque la simplicité de la forme épurée
et la pauvreté des matériaux nécessitent un équilibre final impeccable. Si l'oeuvre donne à rêver,
c'est ainsi qu'elle résulte d'une démarche où la rigueur contrôle la métaphore :
la poésie nait non pas de l'imprécision, mais bien d'un calcul qui, même s'il reste intuitif, est prioritaire.

Il s'agit bien entendu d'une poésie hors-langage (l'assemblage ne raconte rien), puisque, loin de se fonder
sur un référent précisément nommable, l'objet montre qu'il y a dans le sensible
des franges qui excèdent l'ordinaire dénomination.

C'est ce tremblé de l'oeuvre par rapport à son éventuel référent qui garantit
qu'un tel travail privilégie le jeu de la figure sur celui du discours :
de la silouhette à peine circonscrite, aucun langage ne vient à bout
et l'autheticité de l'expérience plastique se vérifie à cette réfutation
implicite de toute prétention à une maîtrise langagière.

Gérard Durozoi 1990
Lors d'une exposition à la Triennale et au Musée de Maubeuge c.1990

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 exposition, Fondation Cartier, Jouys en Josas, 1986
   

 
   

sweet yellow
1985, laque sur bois, tige d'acier, ondulé polyester. Collection particulière.
   
 

 

 
   
   

 
   

 coucher sur l'Atlantique
1984. Laque sur bois,ondulé polyester, tige d'acier.
Collection Musée départemental d'art contemporain, Rochechouart.
     
     
     
     

 

   

 Collection particulière, Paris

 
     
 Dans le scorpion
Collection particulière, Montréal
   
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